Qui tomba amoureux d’une belle lavandière,
Je lui parlai poisson, amour, voyage à Samarkand
D’une maison construite aux bords de la rivière…
Elle riait, très fort, la gorge palpitante,
Tu n’es qu’un gueux ! Sois
riche et reviens moi.
J’admirai sa taille fine et sa gorge frémissante,
Décidé à gagner une fortune de roi !
D’un pas hardi j’enjambais les mois et les pays,
Ayant gagné un pécule, ma foi, fort honorable
Je reviens vers la belle et à ses pieds je mis :
Mon cœur et ma fortune. D’un sourire aimable
Elle daigna me tendre ses doigts… « Ma
mie !
Je t’aime…"m’écriai-je, "viens partager ma vie !
« Tu n’es pas assez riche, tu n’es pas assez beau… »
Sur ces mots elle partit, je restai comme un sot !
Quand le Devin des bois qui passait par hasard,
Prit en pitié ma peine et mon regard hagard .
« Suis moi, je t’apprendrai mon
savoir et mon art . »
N’ayant plus rien à perdre, je suivis le vieillard …
Il m’apprit la vie et les plantes qui guérissent,
Le secret de couler de l’or fin en calice,
L’enchanteur de ces bois me fit son héritier,
Je m’inclinai à terre et pour le remercier :
« Rends moi ma liberté ," ce
fut une prière, "
Car je vais épouser la plus belle lavandière. »
« Va fils, je t’attendrai, ta
place sera ici . »
Sur ces mots je pris mon bâton et partis !
J’allai au loin dans la sombre clairière,
J’avais d’étranges incantations à faire…
Ayant allumé un beau feu, pour mes vœux
Je l’attendis en ouvrant grand les yeux .
Que vis - je arriver : une affreuse sorcière
Je t’aime, murmura-t-elle, me voilà !
Cent ans avaient passé sur la belle lavandière,
La repoussant je criai : je ne t’aime pas,
Je ne t’aime pas, je ne t’aime pas !
Que d’amour perdu , que de rêves
insensés
Quand la vie comme un songe est déjà passée…
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